Le Havre, Ecole Nationale Supérieure Maritime

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LIEU : Le Havre
PROGRAMME :
École pour 700 étudiants futurs officiers de la marine marchande,
4 amphithéâtres dont un de 200 places,
16 salles de cours magistraux,
7 simulateurs(navigation et autre)
SURFACES : 7061 m² SU / 9650 m² SHON
MAÎTRISE D’OUVRAGE : CODAH COMMUNAUTE DE L’AGGLOMERATION HAVRAISE
MAÎTRISE D’ŒUVRE :
Architecte : AIA Life Designers & Intens Cité
Ingénierie BET fluides et VRD : AIA Ingénierie
BET structures, acoustique : SOGEA nord-ouest
Bet environnement : ECHOS
Economiste : Economie 80
Groupement de Conception / réalisation, mandataire entreprise générale SOGEA Nord-Ouest
CONCEPTION : Lauréat décembre 2012
LIVRAISON : 2015
COÛT : 19,96 M€ HT (2013)

L’ancrage urbain du projet s’inspire de la relation entre la ville et ses docks ; sa morphologie, son expression et sa texture font écho aux bâtiments qui naviguent sur les océans. Son positionnement parallèle au quai le place dans un rapport direct avec le bassin et le port. Sur 100 mètres, le long du quai, le bâtiment affleure l’eau d’un côté, tandis qu’il s’allonge vers la ville de l’autre.Son étrave se découpe et offre à la perspective d’entrée du Havre la silhouette d’une proue affutée et tendue face à la ville. Elle marque la présence des premières vues vers le port lorsque l’on pénètre dans la ville en longeant le bassin Vauban. Posée entre terre, ciel et mer, la vision lointaine de l’école renvoie à la perception d’un navire en pleine mer, mais aussi aux grands sélaciens de haute mer.
Le bâtiment se soulève par le sol et par l’ouverture vitrée, ciselée de l’accueil sur trois façades. Créant une transition entre l’eau, la terre et le ciel, un continuum spatial se développe depuis le bassin jusqu’au toit du projet. Cette séquence ascendante prend naissance sur le quai, s’ouvre à la ville par un parvis en dénivelé et se déploie par une « rue-escalier » traversant les quatre étages de l’édifice jusqu’au pont supérieur qui offre un large panorama sur le port et l’estuaire de la Seine.
L’enveloppe de résille métallique (aluminium anodisé) aux reflets sombres et fluctuants suivant les saisons, les heures de la journée et les variations climatiques, en fait un bâtiment marin et urbain vibrant. Perforée d’un jeu de vides et de pleins, elle dévoile l’ossature et l’intériorité par jeu de transparence et d’opacité. Sculptée par de grandes entailles, cette enveloppe se déploie depuis le sol, elle accompagne le pli des rampes vers l’intérieur et s’efface au niveau de l’attique dans sa limite avec le ciel. L’inclinaison de la ligne de ciel depuis le belvédère jusqu’à la proue ainsi que l’émergence des cheminées de lumière situées à l’aplomb de la rue en escalier, renforce l’allure de navire à la coque sombre. De nuit, au contraire, le vaisseau devient lanterne : l’effet des lumières disposées dans l’entre-deux de la double peau translucide révèle la structure.
Un navire école
L’ensemble du programme a été configuré de façon à faire du bâtiment un outil pédagogique dont l’organisation interne est comparable à celle d’un navire. Ce concept inédit de Ship in School fait référence aux anciens bateaux école. Il ne s’agit pas de créer un véritable navire mais d’en reprendre les grandes caractéristiques. Les élèves sont immergés dans des conditions de pleine mer les plus proches du réel, avec notamment des salles de simulation ‘machines’, un moteur marine et une dizaine de simulateurs ‘passerelles’ distribués sur trois niveaux.
Le parti pris architectural d’AIA est de considérer l’école entière dans l’esprit d’un « navire école ». L’ensemble de l’ouvrage est ainsi configuré : depuis son parvis aux allures de passerelle d’embarquement jusqu’à l’ascension vers le pont supérieur en passant par la salle des machines, les locaux techniques situés en cale, les seize salles et quatre amphithéâtres avec vue sur le bassin. Au-delà des espaces spécifiques du programme, les différents espaces intérieurs sont traités dans l’esprit de ceux d’un navire où la présence de la technique est partout visible et omniprésente. Il n’est pas nécessaire de dissimuler cette technique dont les étudiants doivent appréhender les besoins, la finalité et le fonctionnement. Chauffage, ventilation, réseaux d’eau ou différentes distributions électriques ; la technique du projet de l’ENSM est en tout point semblable à celle des navires.
Tel un navire, l’ENSM est en capacité de gérer ses énergies et d’assurer son autonomie grâce à la construction d’un équipement suivant la démarche bâtiment à énergie positive (BEPOS). Cette conception bioclimatique et technique repose sur quatre axes de développement :
1. la réduction des besoins grâce à une architecture bioclimatique privilégiant les solutions passives
2. la mise en place de systèmes très performants permettant d’optimiser les consommations
3. des productions d’énergie locales et renouvelables (système innovant de pompe à chaleur avec capteurs immergés dans le bassin de l’Eure permettent de couvrir l’ensemble des besoins de chauffage et de refroidissement des locaux et 850m² de panneaux photovoltaïques implantés en toiture pour une puissance crête installée de 170kWc.)
4. le suivi des performances dans le temps avec un outil de gestion technique du bâtiment intégrant un logiciel de suivi énergétique

AIA Life Designers